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Amiante, diminuer le nombre de prélèvements avec la bases de données MSCA

On en parle depuis peu de ce projet attendu de tous, donneurs d’ordre et diagnostiqueurs, de cette base de données qui permettrait de connaître à priori les risques de rencontrer des MSCA (Matériaux Susceptibles de Contenir de l’Amiante) avant diagnostic amiante.

A l’heure actuelle, afin de garantir la sécurité des occupants et des intervenants, les diagnostiqueurs immobiliers n’hésitent pas à prélever pour analyse un grand nombre d’échantillons ce qui entraîne surcoût et délai dans l’obtention des résultats. Une base de données est à l’étude afin d’obtenir la traçabilité des constructions et matériaux amiantés pour plus d’efficacité dans les repérages en limitant le nombre d’analyses de MSCA en laboratoire.

 

Le projet du PRDA

C’est dans une interview accordée à Diagactu, que le président du PRDA (Plan Recherche et Développement Amiante), Alain Maugard, a annoncé le projet de création de la base de données recensant l’intégralité des MSCA.
Cette base de données devrait permettre de connaître à priori le risque potentiel de découvrir de l’amiante dans un quelconque matériau sans avoir à mener d’investigation ni en analyser d’échantillon. Le besoin est réel puisque selon le même intervenant, moins de 30 % seulement des échantillons de matériaux actuellement prélevés par les diagnostiqueurs et envoyés en laboratoire sont déclarés amiantés (70% à 80 % déclarés inoffensifs après analyses). Une réelle perte d’efficacité, gourmande en ressources et chronophage pour tous.

Si ce projet est d’une réelle avancée en France, il faut admettre qu’il ne fait que souligner un retard dans ce domaine par rapport à certains de nos voisins.
En Suisse notamment, depuis 2013 a été mise en place la Liste des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante éditée et mise à jour par VABS’ASCA, l’Association Suisse des Consultants Amiante. Cette liste s’accompagne d’un tableau statistique du nombre de prélèvements à faire analyser en laboratoire selon chaque matériau en fonction de calculs de probabilité d’y rencontrer de l’amiante. 

 

Vers la traçabilité de nos bâtiments

Bien sûr on ne peut regretter que toutes ces informations sur la traçabilité de nos constructions n’arrivent que si tard.

Mais il faut se rendre à l’évidence, si cette traçabilité voit le jour ce n’est qu’à cause des découvertes des risques que faisaient peser sur la population les matériaux de la construction. Il aura fallu que le plomb puis l’amiante dans nos bâtiments menacent notre santé pour que l’on cherche à les traquer et à lister les probabilités de les rencontrer.

La prochaine base de données des MSCA arrive tard, certes, mais elle arrive alors que chantier du désamiantage en France est loin d’être achevé.

 

A savoir : Le risque dont on parle depuis peu dans la construction et sur les chantiers est celui de la silice. Si on reconnaît que l’inhalation des poussières de silice est à terme comparable en termes de risque sanitaire que celle de fibres d’amiante, on n’y remédiera que par des précautions sur chantier (EPI, humidification, aspiration…) sans diagnostic préalable avant travaux.

 

En attendant son élaboration, on ne peut que souhaiter que nouvel outil numérique relatif au risque de rencontrer des MSCA parmi les matériaux courants puisse être croisé avec ceux existants.

Pourquoi en effet ne pas lier la base de données MSCA au BIM (Building Information Modeling pour modélisation numérique du bâtiment) et au carnet numérique de suivi et d’entretien du logement afin d’apporter à tous (diagnostiqueur, maître d’ouvrage, acquéreur, locataire...) l’intégralité des caractéristiques d’une construction ?

Pour mémoire, si le BIM n’est que conseillé, le carnet numérique de suivi et d’entretien du logement est d’ores et déjà obligatoire depuis 2017 pour les constructions neuves et sera obligatoire pour toute mutation (vente) à partir de 2025.
Rappelons que c’est le PRDA (Plan Recherche et Développement Amiante) qui était déjà à l’origine de la création du carnet numérique de suivi et d’entretien du logement et qu’il serait donc cohérent que ses deux projets soient fusionnels.

A savoir : Il ne devrait pas y avoir d’obligation de modélisation numérique du bâtiment (BIM) d’ici 2022. Par contre, il existe une incitation qui va se renforcer d’ici 2020 pour que les marchés du BTP généralisent la conception BIM aussi bien en construction neuve qu’en rénovation.

Si le BIM, le carnet numérique du logement et la liste MSCA devaient être liés, il semble que les diagnostiqueurs immobiliers devraient s’y intéresser globalement dès maintenant d’autant plus s’ils interviennent dans les secteurs où la certification avec mention est requise (tertiaire, IGH, ERP….), là où ils seront le plus employés.


  • Intéressant. Effectivement beaucoup trop de prélèvements réalisés. Malheureusement au vue de la quantité d'enduits et de peintures , colle que nous retrouvons, personnellement je ne vois pas comment faire autrement. Et ce n'est pas la nouvelle norme qui s'applique au 1 octobre 2017 qui va arranger les choses! Ni la certification avec mention ! Pensez vous qu'un BAC + 5 sortant tout droit de l'école + 5 jours de formation amiante soit compétent ? Pour une démolition ? Il faut revoir le concept de diagnostic , comment le mener ,... Et surtout la formation de base , plus solide. Aujourd'hui nombreux sont les " préleveurs" et trop peu sont de vrai techniciens. L'amiante avant toute chose il faut comprendre pourquoi elle a été utilisé et mise en place. Les prélèvements effectués de façon intelligente servent à "lever le lièvre" ensuite comprendre dans quelle couche les fibres se situent , permet d'identifier surfaces et zones. Ce n'est pas en abrutissant les diagnostiqueurs avec des surfaces, tableaux A... Que l'on réduira cette quantité, c'est en formant , informant , Générer une vrai population de technicien... Et repenser cette norme! ...
    Publié le 09/03/2018 par Fred

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