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Diagnostiqueurs et certificateurs, unis pour le meilleur

C’est bien souvent le cas où il faut attendre qu’un péril commun surgisse pour que l’union se créée. ‘Les amis de mes ennemis sont amis’ selon le dicton qui se vérifie à la veille de la publication des nouveaux dispositifs de certification.
Dans ce cas, point d’ennemi mais une réforme par arrêté que le ministère en charge veut faire passer à tout prix malgré les récriminations et les inquiétudes de deux professions liées par nécessité: les diagnostiqueurs immobiliers et les organismes de certification de personnes dont en diagnostics immobiliers.
La mobilisation commune des forces en présence peut-elle changer la donne ? La réponse dans quelques jours.

 

Diagnostiqueur immobilierL’enjeu de la bataille

C’est la publication des nouveauxarrêtésde compétence qui est le levier de ce rassemblement. L’arrêté principal qui doit paraître dans les jours qui viennent devrait entrer en vigueur au 1er juillet 2018 pour les organismes de formation et au 1er janvier 2019 pour les organismes de certification. Il fait suite aux évolutions de la profession faisant passer la durée de certification de 5 à 7 ans, une certification unique et le contrôle sur ouvrage global. S’il est désormais trop tard pour faire marche arrière sur les dispositions relatives aux ODI (Opérateurs du Diagnostic Immobilier) il est peut-être encore temps de modifier les dispositions relatives à leur formation et à leur certification. Parmi les modifications à apporter au projet d’arrêté c’est sûrement l’unification possible des OF (Organismes de Formation) et des OC (Organismes de Certification) qui pose le plus problème.

En effet, si l’indépendance obligée des diagnostiqueurs immobiliers envers les agences immobilières mais aussi les entreprises de travaux est bienvenue pour l’éthique de la profession, on comprend difficilement que ce soit les organismes de formation qui accordent la certification. Ce cas de figure pourrait ouvrir la porte à des possibles collusions comparables à celles d’auto-écoles accordant ou non le permis de conduire et plutôt à leurs élèves après un certain nombre d’heures de cours plutôt qu’à des candidats extérieurs.

 

La fin de 20 ans d’isolement des diagnostiqueurs

Depuis la vingtaine d’années que la profession existe, à aucun moment les différents acteurs de son exercice ne s’étaient vraiment réunis si ce n’est de se croiser dans les salons et rendez-vous professionnels.
Pourtant chacun des acteurs a besoin des deux autres pour pouvoir exister. Les diagnostiqueurs immobiliers doivent recevoir la formation qui leur permettra d’obtenir la certification indispensable à leur profession, mais les formateurs ont besoin d’élèves pour vivre et les certificateurs de candidats pour exister.

Si les diagnostiqueurs immobiliers avaient su plus ou moins se fédérer,ce n’était pas encore vraiment le cas pour les organismes de certification ni, et surtout, pour les organismes de formation. Mais même fédérés ou réunis au sein des CDI FNAIM, FIDI, CFDI, LDI…, il n’y avait jusqu’alors que peu de cohésion de ces fédérations et associations professionnelles entre-elles afin de défendre d’une même voix les professionnels du diagnostic immobilier.

Enfin, lors des derniers, toujours profitables, RDVI, a été annoncée la création d’un groupe de travail commun réunissant les principales fédérations et regroupements professionnels afin de peser davantage auprès des instances gouvernementales.

 

Certificateurs fédérés mais formateurs à réunir

De leur côté, les certificateurs ont déjà réussi à se rassembler davantage. Outre l’existante COPREC (Dekra Certification, Bureau Veritas Certification, Socotec Certification et Apave Certification) on note désormais la toute nouvelle AOCP (I.Cert, B2C, CESI Certification, LCC Qualixpert, Ginger Cated, Abcidia Certification, LCP et Saint Honoré Audit ) ce qui vient unifier en deux identités seulement la totalité des organismes privés de certification. Donc trois en tout avec AFNOR certification dont le statut semi-public ne lui permet pas d’intégrer une de ces entités.

 

La requête au rassemblement des organismes de formation qui sont bien plus soumis à la concurrence que les organismes de certification (encadrés par le COFRAC) semble bien plus difficile à réaliser. En effet, selon l’article L. 6351-1 du code du travail , toutes les entreprises, les travailleurs indépendants, mais aussi les associations peuvent se déclarer organisme de formation. Il leur suffit seulement de remplir une déclaration initiale d’activité afin d’obtenir un numéro d’enregistrement de la déclaration d’activité de formation. Cette déclaration d’activité de formation n’étant ni un agrément en tant qu’organisme de formation, ni une quelconque validation des formations délivrées ou une autorisation administrative d’exercer.C’est dire à quel point il peut y avoir sur la place bon nombre d’organismes de formation et quelle disparité on peut entrevoir sur la qualité (et les prix) des formations dispensées.

Alors que les règles sont strictes pour créer une auto-école et encore plus pour devenir examinateur du permis de conduire, on peut légitimement s’élever contre le projet de fusionner les deux activités de formateur et de certificateur sous peine de risque de collusion.


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