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Les différences de classe énergie du DPE dans le parc résidentiel

Entre le logement dont rêvent les Français et celui qu’ils habitent, il existe de nombreuses différences. Une des plus mesurables est celle de la classe énergie du DPE qui impacte non seulement le montant des factures, mais également le confort du logement. Entre le logement que l’on souhaiterait occuper et celui que l’on habite, des écarts importants sont constatés. Si ces écarts dépendent bien évidemment de l’ancienneté de la construction ou de la rénovation, de fortes disparités sont constatées selon les régions. Avec une classe énergie E en moyenne nationale, le parc immobilier résidentiel est bien plus proche de la passoire thermique (classes F et G du DPE) que du BBC ou plus encore du BePos.

 

Un parc résidentiel favorisant la précarité énergétique

Image : http://www.leparisien.fr/resizer/gvFSYb4Yxf5QiesaE8dWx9DnHa0=/1271x1280/arc-anglerfish-eu-central-1-prod-leparisien.s3.amazonaws.com/public/Q5YR3WKXY3STMMMUGDLMT4GUIU.jpg

Est-ce le manque d’aides ou de motivation ? Il n’empêche que les objectifs de rénovation énergétique du parc immobilier résidentiel sont loin d’être atteints.

Alors que la classe énergie moyenne qu’espèrent les acquéreurs et locataires dans l’ancien est la classe C (91 à 150 kWhep/m²/an), la moyenne nationale des logements du parc métropolitain est en classe E (231 à 330 kWhep/m²/an).

C’est-à-dire que les logements actuels nécessitent 2 à 3 fois plus d’énergie que ce qu’envisagent acquéreurs et locataires pour leurs besoins en chauffage, rafraîchissement, ventilation et fourniture d’ECS (Eau Chaude Sanitaire). Un triste bilan que rappelle Le Parisien selon une étude de SeLoger.

Outre le manque de confort d’un parc de logements frisant le seuil de la passoire thermique, et bien évidemment son atteinte environnementale via les émissions de GES (Gaz à Effet de Serre), c’est le pouvoir d’achat des occupants qui en pâtit gravement. Tellement, qu’à force d’augmentations des tarifs des différentes énergies, de plus en plus de foyers s’enfoncent progressivement dans la précarité énergétique.

A savoir : La loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement pose une définition de la précarité énergétique : « est en situation de précarité énergétique une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ». Source Ademe

Sont considérés en état de précarité énergétique les foyers qui consacrent plus de 10% de leurs revenus aux dépenses d’énergie pour leur logement. En 2008, plus de 5 millions de foyers étaient déclarés en état de précarité énergétique (12 millions de personnes) et depuis, le prix des énergies semble avoir augmenté plus vite que les salaires…

 

Pourquoi cette disparité régionale du parc immobilier ?

Dans la même étude, SeLoger a publié la carte des DPE par régions. On nous y explique que le parc immobilier du Sud étant moins exposé au grand froid, le DPE moyen y serait plus élevé. Toutefois, comme le calcul du DPE ne se limite pas à la température extérieure, il semble bien trop facile de limiter l’explication de cette disparité à ce seul critère sans prendre en compte d’autres facteurs (canicule, altitude,etc.).

La piste du revenu médian des ménages par région et par commune n’est pas non plus la seule réponse à ce questionnement puisque ce n’est pas dans les zones où les DPE sont les meilleurs que vivent le maximum de ménages à hauts revenus, ceux les plus capables d’investir dans l’amélioration de la performance énergétique de leur logement.

Paris en est l’illustration puisque, si c’est dans et autour de la capitale que les revenus sont parmi les plus élevés (source actualix), la classe énergie la plus représentée dans le parc résidentiel parisien (13 593 logements) est la classe E du DPE selon l’Observatoire du DPE.

C’est sans doute alors dans la conjonction de plusieurs facteurs que l’on peut espérer trouver la réponse. Le facteur géographique en est un, tout comme celui des revenus mais également la proportion de propriétaires et de locataires des logements.

A savoir : Une piste évoquée pour expliquer les mauvais DPE en ville est celle de la forte propension citadine aux petits logements chauffés aux convecteurs anciens type ‘grille-pain’. D’où peut-être le nouveau calcul de rendement prévu dans la RE2020 de ce type de radiateur soutenu par quelques-uns qui ferait artificiellement grimper la classe énergie d’une grande partie du parc immobilier ancien.

 

Quel est le but des aides de l’État ?

C’est parce que la rénovation énergétique est en panne que l’on doit remettre en question la politique d’attribution des aides en faveur de la transition énergétique. Tant qu’il n’y aura pas d’aides (CITE notamment) aux propriétaires bailleurs, le parc immobilier locatif du secteur privé restera en panne de rénovation énergétique.

Même avec des aides, les locataires ne manifestent pas le désir d’investir et surtout refusent le plus souvent de supporter les nuisances de travaux dans un logement qui ne leur appartient pas. Alors qu’il est question de supprimer le bénéfice du CITE aux foyers les plus ‘à l’aise financièrement’ , il ne semble pas prévu d’étendre le bénéfice des aides aux propriétaires bailleurs alors qu’il est notoire que « 87 % des ménages en situation de précarité énergétique sont dans le parc privé » Source Ademe .

Quant au chèque énergie, lorsqu’il est employé à payer une partie des factures d’énergie, sa distribution est un affront à l’environnement. Car, si le chèque énergie permet aux ménages modestes de ne pas (trop) subir la précarité énergétique, il freine leur volonté d’investir dans l’amélioration de la classe énergie de leur logement; ce qui serait favorable à l’environnement, donc à toute la population.

En 2019, le chèque énergie bénéficie à 5,8 millions de ménages (soit le même nombre environ que ceux en précarité énergétique) et aura été augmenté de 50€ ; mais le nombre de logements en classe E (ou pire) du DPE risque de rester identique.

 


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