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L’insupportable exposition à l’amiante des enfants

Si l’amiante fait peur avec raison aux personnes risquant d’y être exposées en raison du risque sanitaire, l’amiante semble effrayer plus encore les collectivités responsables d’établissements scolaires. Si pour les usagers le risque peut être mortel à terme après inhalation de fibres et poussières, pour les responsables d’établissements, la peur ne se résume pour le moment qu’au coût financier d’une nécessité de désamiantage. Pour le moment, fort heureusement, on n’a pas encore lié (ou pensé à lier) une maladie pulmonaire d’un enfant ou d’un adolescent à une exposition à l’amiante dans un établissement scolaire, alors qu’on le fait pour des adultes exposés à l’amiante sur leur lieu de travail. L’exposition à l’amiante des enfants est encore plus insupportable lorsque les responsables d’établissements ne veulent même pas faire exécuter les diagnostics amiante pourtant obligatoires.

 

Une politique de l’autruche envers l’amiante

Si tant d’établissements scolaires et d’accueil gérés par l’État au travers des collectivités n’ont pas subi encore leur diagnostic amiante pourtant obligatoire, c’est peut-être parce que certains craignent que le risque soit avéré.

Si le prix des diagnostics amiante n’est pas suffisamment rédhibitoire pour en retarder l’exécution, ce serait le résultat du diagnostic qui inquiéterait. En l’absence de diagnostic amiante, ou pour certains établissements par défaut de communication d’un diagnostic positif, le risque n’étant pas avéré, il n’y a pas d’urgence d’encapsulage ou de retrait des matériaux amiantés dégradés. Pire, même quand on sait qu’en cas de risque sanitaire, l’établissement devrait fermer tout ou partie de ses locaux sans solution d’accueil et d’hébergement durant les travaux ; et pire encore quand l’absence de mesures de travaux ou de fermeture en connaissance du risque engagerait la responsabilité civile et pénale des gestionnaires. C’est donc une politique de l’autruche dont la santé des enfants pâtit et l’inquiétude de leurs parents grandit chaque jour.

 

Nota : Rappelons que la scolarisation est obligatoire jusqu’à l’âge de 17 ans et qu’en cas de risque amiante avéré (après publication du diagnostic) tout élève ou parent d’élève pourrait appliquer son droit de retrait d’un établissement à risque et ainsi déroger légalement à une obligation légale.

 

Privé et public, des obligations identiques mais pas appliquées

D’un côté l’absence de diagnostic amiante des parties privatives (DAPP) pour tout propriétaire d’un logement sis dans un immeuble d’habitation antérieur à 1997 fait l’objet d’une amende de 1 500 € assortie de l’obligation de le faire réaliser ; de l’autre côté, rien de précisé pour une école, un établissement scolaire ou un centre aéré appartenant à l’État ou une collectivité. Source Service-public.fr.

Alors que pour, au moins préserver leur santé, et au plus pour se conformer à la législation en vigueur, les propriétaires concernés font effectuer dans leur logement et leur immeuble le diagnostic amiante et les opérations d’encapsulage ou de désamiantage nécessaires, certaines collectivités ne font rien du tout et exposent consciemment à un risque mortel les plus jeunes d’entre nous.

 

L’amiante, cet ennemi que nos dirigeants fuient  

L’excellent article de Libération ‘Amiante à l’école : une bombe sanitaire à retardement’ dresse la désastreuse chronologie de la dérobade de nombreux gouvernements successifs pour fuir le problème de l’exposition à l’amiante dans les établissements scolaires. D’inventaire des établissements amiantés en expérimentation de recensement, en comité de suivi puis en plan d’action amiante, on se rend compte que rien n’a vraiment avancé depuis 1997, si ce n’est des embryons d’idées cherchant à faire taire les inquiétudes sans jamais mesurer ni affronter le problème.

Ce qu’il manque à une réelle action contre la présence du risque amiante à l’école c’est peut-être une dose de courage politique et des moyens financiers. Courage politique parce qu’il faut trouver quoi faire des centaines de milliers d’élèves qui se rendent chaque jour à l’école lorsque ces écoles seront fermées de longs mois pour travaux ; moyens financiers parce qu’aucune collectivité ne semble prête à assumer seule le montant colossal des travaux qui devront être entrepris. Pour mémoire, 38 % des écoles et de 78 à 83 % des lycées seraient amiantés ; et encore, on ne connaît pas encore le nombre de centres aérés ou de colonies de vacances soumis aux mêmes contraintes.  

 


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