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Nuisances phoniques et diagnostic acoustique

Quelle disparité ! Tous les pneumatiques de nos voitures sont vendus avec une étiquette de performances, d'énergie et de niveau sonore alors que nos logements à l'achat ou la location ne bénéficient d'aucune information sur le bruit. Pourtant, on peut raisonnablement penser que les nuisance sonores permanentes dans un logement mal isolé phoniquement pèsent plus sur la population que 3 décibels de plus ou de moins d'un pneu qui roule sur une route. Pas encore prévu dans les diagnostics immobiliers obligatoires, le diagnostic phonique ou acoustique est pourtant disponible et une réglementation existe, mais c'est tout.

 

La réglementation d'isolation phonique à la construction

Il faut se tourner vers des logements construits après 1955 pour que l'isolation acoustique soit sensée avoir été prise en compte dans leur construction ; mais le décret ne stipulait alors que « un isolement sonore suffisant compte tenu de leur destination doit être assuré aux pièces de l'habitation ».
 

Il faudra attendre, avec quelques exigences intermédiaires, la Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA) qui s'applique aux constructions neuves à compter de 2013 pour que soit obligatoire un niveau d'isolation phonique minimal.

A noter que seuls les bâtiments comportant plus de 10 logements sont tenus à un diagnostic de bruit perçu. Les constructeurs de bâtiments de moins de 10 logements et de maisons individuelles n'étant tenu qu'à la signature d'une attestation de prise en compte de la réglementation acoustique. Disparité évidente puisque c'est comme si le test final d'étanchéité à l'air par infiltrométrie pour la qualification BBC n'était qu'applicable qu'aux bâtiments de plus de 10 logements.

 

Des actions disparates

La baisse du niveau sonore de l'environnement fait l'objet d'autres mesures que celle de l'étiquette bruit d'un pneumatique, mais la portée en est limitée.

En 2014, une étude de Bruitparif, l'observatoire du bruit en Île-de-France, a comparé les données de mesures de trois de ses stations déployées le long de la rocade parisienne. En réduisant à 70 km/h au lieu de 90 km/h la vitesse de circulation sur le périphérique parisien, la baisse constatée s'établit à seulement 1,2 dB(A) pour la période de nuit, et à 0,5 dB(A) pour la période de jour, négligeable non ? Surtout qu'un sonomètre classique de classe 2 utilisé généralement dans l'habitat ne mesure que des niveaux sonores supérieurs ou égaux à 30 db...Source bruit.fr.

 

Un diagnostic acoustique simplifié

Dès 2013 pourtant, l'association Qualitel et la DHUP (Direction de l'Habitat, de l'Urbanisme et des Paysages) ont fait développer une méthode de diagnostic simplifié permettant à moindre coût la qualité acoustique dans un bâti existant.
 

Comme sur une étiquette énergie, le diagnostic acoustique place le bien dans une des 4 catégories avec code couleur connu :
 

  • A : état proche de la conformité aux exigences réglementaires du neuf actuel
  • B : état moyen, fonction remplie, présentant des restrictions d’usage
  • C : mauvais état, fonction partiellement remplie
  • D : insalubre


Nota : Intéressant de voir monter ici dans le niveau d'isolation acoustique la notion de logement 'insalubre'...

 

L'isolation thermique ennemie de l'isolation acoustique

On a tous pensé que la RT2012, qui oblige à un seuil minimum élevé d'isolation thermique, allait forcément aider à lutter contre le bruit dans l'habitat. Qui dit isolation thermique renforcée pense isolation phonique améliorée, or il n'en est rien et bien au contraire.

Selon Bruit.fr « l’amélioration des qualités de l’enveloppe s'accompagne souvent d'une émergence des bruits intérieurs à l'immeuble ».

On retrouve ici le même schéma d’incompatibilité entre isolation thermique et isolation phonique que celui qui était apparu entre étanchéité à l'air et QAI (Qualité de l'Air Intérieur). Pour mémoire, c'est cette incompatibilité qui avait fait suspendre un temps l'obligation de diagnostic QAI dans les écoles...

 

Un service plus pour les diagnostiqueurs immobiliers ?

Un diagnostiqueur immobilier doit pouvoir proposer de réaliser le diagnostic acoustique simplifié tel que défini dans le dossier détaillé puisqu'il était conçu pour être effectué par les maîtres d'ouvrages sans recours à un acousticien.

Un service 'plus' qui devrait pouvoir palier l'immobilisme constaté puisque le centre d'information et de documentation sur le bruit (CIDB) annonçait en janvier 2013 la parution prochaine d'une étude complète toujours attendue plus de 3 ans après.

 


  • Info pratique et intéressante. Merci
    Publié le 30/03/2016 par Picouleau Cyril

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