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Qui se soucie du DPE, les locataires, les acheteurs ou les propriétaires ?

On connaissait déjà l’influence d’une bonne classe énergie sur le prix de vente d’un logement, mais on découvre grâce à une enquête que les locataires sont bien plus regardants que les acheteurs sur la performance énergétique d’un bien immobilier.
En outre, l’âge des futurs occupants est également un facteur qui entre en compte dans le choix d’occuper un logement ayant un bon DPE au détriment d’un autre énergivore.

La rénovation énergétique aurait-elle donc tendance à se décliner en deux vitesses selon que l’on est vendeur ou bailleur d’un logement ?

 

Quel public est sensible à la performance énergétique ?

L’enquête en question est celle effectuée en 2015 par Harris Interactive pour le réseau d'agences immobilières Orpi et publiée dans les Echos. Elle fait écho aux différentes études DINAMIC sur la plus-value ou moins-value des biens immobiliers à la vente en fonction de la classe énergétique issue du DPE.

On savait depuis ces études Dinamic qu’un bon DPE permet de vendre bien plus cher un logement, et que les acheteurs sont sensibles à l’étiquette énergie du bien qu’ils acquièrent. Dans ce domaine du résidentiel, il manquait encore l’image de la sensibilité des locataires à la performance énergétique.

A cet égard, l’étude est particulièrement intéressante mais bouscule aussi quelques idées acquises quant à l’intérêt du grand public. On y apprend que les propriétaires ne s’en soucient quasiment pas, que les acheteurs s’en préoccupent et que les locataires eux, y sont particulièrement attentifs et parmi eux ce sont les plus jeunes (25 à 45 ans) qui y sont les plus attachés.

A savoir : Selon le magazine Les Echos, dans les villes dites ‘tendues’, la performance énergétique n’est pas un critère de choix tant il est difficile de trouver à se loger. Ainsi, à Paris, 90 % des copropriétaires négligent totalement les travaux de rénovation énergétique amenant à des économies d’énergie.

 

Propriétaires non concernés par la performance énergétique... jusqu’à la mise en vente seulement

Près d’un propriétaire sur deux (47%) ne se sent pas concerné par la réduction des consommations en énergie de son logement. Mais la tendance s’inverse au moment où il faut le proposer à la vente ou la location.

Selon la même enquête il apparaît que plus de huit propriétaires sur 10 sont alors conscients que la classe énergie de leur bien immobilier influe sur sa valeur et donc sur le prix de vente ou le montant du loyer.

C’est ainsi que 62 % des propriétaires n’ont jamais fait effectuer le DPE volontaire (Diagnostic de Performance Énergétique) de leur logement et que 93 % n’envisagent même pas de le faire réaliser.
Il est consternant pour beaucoup d’entre nous de constater alors que si l’argument de la consommation en carburant d’un véhicule fait vendre des logiciels, puces, reprogrammations moteur et accessoires, lorsqu’il s’agit du chauffage chez soi, ces mêmes personnes préfèrent oublier qu’elles peuvent économiser bien davantage en effectuant des travaux de rénovation énergétique qui ouvrent droit en plus à des primes, aides et crédit d’impôt…

 

La performance énergétique comme véritable levier de choix d’un nouveau logement

Tous les publics ne sont pas aussi négligents que la plupart des propriétaires vis-à-vis de la performance énergétique d’un logement. C’est du côté des locataires et des acquéreurs qu’on trouve les personnes les plus avisées puisque pour 90 % des candidats à l’achat et 75 % des candidats à la location, la classe énergie de l’étiquette DPE est un critère déterminant.

C’est pourquoi le prix de vente ainsi que le montant du loyer d’un logement bien isolé dépendent autant de sa performance énergétique. La même étude révèle d’ailleurs que plus de la moitié des locataires (63 %) sont prêts à payer un loyer un peu plus élevé pour un logement à haute performance énergétique et que l’étude Dinamic relève régulièrement à quel point les acquéreurs paient plus cher les logements performants.

 

Relancer la rénovation énergétique par le bonus-malus énergétique ?

On peut se poser raisonnablement la question au vu du peu d’intérêt des propriétaires quant à la performance énergétique de leur logement tant qu’ils l’occupent.

Si les aides financières, les incitations fiscales n’ont pas réussi à attirer ces personnes qui négligent de fait également l’impact écologique de leur habitation, peut être faudra-t’il attendre que l’énergie soit encore plus chère pour les décider enfin.

En attendant, cette flambée des prix des énergies que nous redoutons tous, il reste qu’à moins d’une transaction immobilière (vente ou location) les logements anciens vieillissent mal alors que les nouveaux logements sont au moins BBC (Bâtiment Basse Consommation obligatoire par la RT 2012) voire bientôt BePos (Bâtiment à énergie positive sûrement requis par la RT 2020).

Il semble alors que nous nous approchons d’une fracture immobilière où les biens énergivores deviendront invendables ou impossibles à louer, à moins que d’ici là le bonus-malus énergétique vienne sanctionner les bailleurs.

Dommage tout de même qu’il faille des menaces de sanction pour que le grand public prenne conscience de l’impact environnemental de son habitat et se préoccupe un peu plus de notre planète. 


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