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Rénovation énergétique, isolation, santé et sécurité

Alors que la rénovation énergétique est devenue une obligation aussi bien dans le résidentiel que le tertiaire, dès lors que des travaux embarqués ou une rénovation ont été programmés dans un objectif de performance énergétique, il faut encore rester vigilant sur la qualité des matériaux et isolants employés. Le récent et dramatique incendie de la tour Grenfell à Londres semble démontrer qu’une rénovation énergétique mal conduite peut être un danger grave pour la sécurité des occupants. Quelles précautions prendre pour qu’isolation, santé et sécurité soient compatibles ? Faut-il choisir entre performance et sécurité incendie ? Et comment choisir les matériaux de l’aménagement et de la rénovation énergétique ?

Des isolants et matériaux non conformes

Selon les éléments de l’enquête en cours sur l’incendie de la tour Grenfell de Londres, si le feu serait parti d’un réfrigérateur, les enquêteurs ont d’ores et déjà établi que les isolants et les matériaux de couverture employés pour la rénovation de la tour avaient échoué à tous les tests de protection incendie. C’est notamment pour ces raisons que les autorités envisagent des poursuites pour homicide(s) involontaire(s) envers les entreprises ayant procédé aux travaux.


Rappelons que cet incendie dramatique a fait 79 morts alors que ce type de tour résidentielle jouissait à sa construction des dispositifs de protection incendie limitant la propagation d’un tel incendie. Selon l’une des responsables de la police scientifique londonienne, « le rôle de toutes les entreprises impliquées dans la construction et la rénovation de la tour » sera passé en revue afin de définir les responsabilités de cet incendie ayant consumé en une nuit les 24 étages de logements sociaux d’une tour résidentielle dans un pays industrialisé.

 

Un incendie qui sème le doute sur la sécurité des tours

C’est justement parce que cet incendie dramatique a eu lieu dans un pays aux pratiques d’urbanisme si proche de celles de la France que le doute est permis en France comme dans tous les pays où ce genre de tour résidentielle est implanté.
Le ministre de la cohésion des territoires (ministère remplaçant en partie l’ancien ministère du logement) a donc immédiatement réclamé au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) une évaluation rapide de la réglementation sécurité incendie dans ce type de bâtiment. Le rapport du CSTB portant sur « la pertinence des dispositions de prévention, de détection et d’évacuation » en France devra être remis au ministre avant la fin de ce mois (juin 2017).
En attendant, même si le ministère rappelle à tous les constructeurs, propriétaires et gestionnaires d’immeubles, « l’exigence » de respecter « rigoureusement » les dispositions réglementaires, il reste que chacun peut s’interroger sur la manière dont sont conduits les travaux de rénovation des immeubles bâtis, selon quelles qualifications et avec quels matériaux.

 

La réglementation, les normes et labels des matériaux

Tout d’abord au sujet des matériaux employés aussi bien dans la construction que dans la rénovation, ceux-ci sont soumis à la Directive Européenne « Directive des produits de construction » qui définit des exigences essentielles en matière de résistance mécanique, stabilité dans le temps, sécurité en cas d’incendie, hygiène, santé, environnement, protection contre le bruit, isolation thermique et économies d’énergie.
Comme il s’agit d’une directive européenne, le respect de cette directive autorise à apposer sur les produits ayant répondu aux critères de conformité le marquage CE (Communauté Européenne). A noter que ce marquage CE n’est pas une marque de qualité mais juste une attestation de conformité à des exigences essentielles mais que cette attestation de conformité peut être délivrée aussi bien par le fabricant du produit, que par l’importateur et plus rarement par un organisme certificateur agréé et impartial….

Pour mémoire : Les tests effectués après l’incendie sur les tuiles et les isolants posés sur la tour Grenfell ont montré que les matériaux employés se consumaient rapidement alors que les travaux ont été conduits du temps où la Grande-Bretagne faisait encore partie de l’Union Européenne et que les matériaux employés auraient (ont?) dû être porteurs du marquage CE…

 

Des produits d’aménagement et de construction certifiés et classés

Une fois le produit ou le matériau déclaré conforme aux exigences essentielles de la directive européenne ayant permis l’apposition du sigle CE, en France, ils doivent encore répondre à des exigences techniques afin de recevoir une certification.

Tous les produits et matériaux employés en France dans la construction, l’auto-construction et la rénovation doivent (devraient?) avoir obtenu une certification d’un organisme agréé (CSTB, AFAQ, AFNOR, FCBA, CEKAL…). La liste des produits de construction ayant reçu une de ces certifications est disponible sur le site internet www.afocert.fr .

Une fois certifié par l’un de ces organismes accrédités, les produits reçoivent en outre un indice de classement en fonction de leur niveau de performance. En construction, isolation thermique et phonique on distingue notamment les classements de résistance et réaction au feu (indice du CSTB figurant obligatoirement sur les matériaux et produits certifiés), d’isolation thermique et phonique (Acotherm) des menuiseries intérieures et extérieures et (Cekal) pour les vitrages.

A savoir : La combustibilité d’un élément ou matériau employé dans la construction ou la rénovation est classifiée selon l’échelle M de combustibilité mise au point par le CSTB et reprise par la norme NF P. 92.507 et dans les ‘euro-classes’. Selon l’échelle française M, un matériau incombustible et ininflammable comme la pierre, la brique, la tuile, le ciment...est classé M0 (euro-classe A) ; alors qu’un matériau combustible et facilement inflammable comme le papier ou le polypropylène est classé M4 (euro-classe F).

L’application de la norme NF P 92-507 et donc l’obligation de respect du classement M est détaillée dans l’Arrêté du 21 novembre 2002 relatif à la réaction au feu des produits de construction et d'aménagement.

Il est indispensable lors de tout aménagement ou rénovation d’un élément ou de l’ensemble d’une construction d’appliquer le respect des normes notamment en termes de résistance au feu tant pour la sécurité des occupants d’un logement que pour leur voisinage et les secours amenés à intervenir. De même en cas de travaux dans une copropriété, il est indispensable de réclamer au syndic ayant choisi l’entreprise avec l’accord de l’Assemblée Générale que cette dernière appliquera les normes en vigueur pour le choix des matériaux ainsi que les techniques de pose qui font toutes l’objet d’un DTU (Document Technique Unifié).

L’enquête britannique devrait nous préciser qui de l’entreprise ou du donneur d’ordre (office de logement social) aura fait l’impasse sur quelles mesures de sécurité et nous attendons avec impatience les conclusions du rapport du CSTB sur « la pertinence des dispositions de prévention, de détection et d’évacuation ».

En attendant, il reste bénéfique à tous de consulter le guide Choisir des matériaux pour construire et rénover édité par l’ADEME et disponible en téléchargement gratuit. Les diagnostiqueurs immobiliers informant leurs clients sur l’existence de ce guide peuvent concourir à la sécurité de tous en faisant prendre conscience à leurs clients que la performance énergétique ne doit pas devenir ou concourir à une mise en danger.


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