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Alors que la campagne de lutte contre le cancer du sein Octobre Rose bat son plein, Raphaël Gauzere, chirurgien gynécologue à l’Institut du Sein du Pays Basque, répond à nos questions et nous en dit plus sur cette maladie et l’importance du dépistage.
 

Pour de nombreuses personnes, un traitement du cancer signifie obligatoirement radiothérapie. Est-ce toujours le cas pour le cancer du sein ?

Raphaël Gauzere : En fait, on distingue deux grands types de chirurgie pour le cancer du sein. La chirurgie conservatrice, où l’on arrive à conserver le sein, et qui concerne environ 70% des cas. On pratique alors une mastectomie partielle, ou tumorectomie, qui consiste à retirer uniquement la tumeur. Ce sont dans ces situations que l’on a recourt à la radiothérapie qui est un traitement complémentaire de la chirurgie. Elle permet à la fois d’éliminer les cellules cancéreuses résiduelles, s’il en reste après la chirurgie, et de diminuer le risque de récidive en irradiant la glande mammaire saine.
Le second type de traitement correspond aux traitements dits non conservateurs, c’est-à-dire la mastectomie ou mammectomie. Ils consistent à enlever totalement le sein et on a alors moins besoin de radiothérapie.


Existe-t-il des méthodes ou des soins alternatifs à la radiothérapie ?

RG : Non, dès lors que l’on conserve un sein ou qu’un ganglion est touché, il faut irradier. Il n’y a pas d’alternatives dans ces situations.
 

Les hommes sont-ils également sujets au cancer du sein ?

RG : Oui, les hommes peuvent être touchés. Ils représentent 1% de l’ensemble des cancers du sein. Les traitements sont les mêmes que pour les femmes, mais on a plus facilement recourt à la mastectomie en retirant la glande mammaire. C’est une intervention plus légère, avec moins d’enjeux esthétiques.
 

Y a-t-il de plus en plus de cancers du sein diagnostiqués en France ?

RG : Globalement, le nombre de nouveaux cas par an ne fait qu’augmenter sur les dernières années. En 2018, on en a recensé 58 000, ce qui représente un doublement sur les 30 dernières années (30 000 cas en 1990). Ce doublement s’explique tout d’abord par le dépistage du cancer du sein qui s’est généralisé. On dépiste désormais de plus en plus tôt et de mieux en mieux. Mais il s’explique aussi en raison des facteurs environnementaux qu’on connait actuellement et qui sont des facteurs de risque du cancer du sein comme la pilule œstroprogestative, le stress, le tabac, l’alcool ou l’âge plus avancé de la première grossesse.


Existe-t-il d’autres facteurs de risque ?

RG : L’âge est l’un des principaux facteurs de risque. Mais on trouve aussi les antécédents familiaux, lorsque plusieurs membres ont été atteints. D’ailleurs, 5% des cancers du sein sont génétiquement déterminés, c’est-à-dire que l’on a identifié des mutations dans des familles entières.


Comment se déroule le dépistage organisé ?

RG : Il s’agit d’un pilier entre un examen clinique annuel et une mammographie tous les deux ans entre 50 ans et 74 ans. Chaque femme reçoit alors automatiquement une invitation à la mammographie accompagnée d’une ordonnance. Le taux de participation au dépistage est de 50% dans la classe d’âge concernée par la campagne, ce qui n’est pas beaucoup et il a plutôt tendance à diminuer un peu.


Pourquoi cette classe d’âge en particulier ?

RG : On sait que 25% des cancers du sein surviennent avant 50 ans, 50% entre 50 et 75 ans et 25% après 75 ans. Le dépistage organisé, pour des raisons économiques, ne va cibler que 50% de la population. Mais, en tant que chirurgien-gynécologue, je recommande à mes patientes, de faire des mammographies à partir de 40 ans. Et pour celles de plus de 75 ans, tant qu’elles sont autonomes, je leur recommande également de continuer à se faire dépister.


Le dépistage est décrié par certains car il serait à l’origine de surtraitements de cas pourtant bénins. En tant que spécialiste, quel regard portez-vous sur cette polémique ?

RG : On a conscience de cette polémique, c’est la limite du dépistage.On trouve en effet de plus en plus de tumeurs à des stades ultra-précoces. Probablement que l’on surtraite certaines patientes et qu’une surveillance pourrait être une alternative à la chirurgie et à la radiothérapie. Des études sont en cours pour essayer d’améliorer la prise en charge de ces cas.


Pour autant, les bénéfices du dépistage semblent nombreux…

RG : En effet, dépister plus tôt les lésions présente surtout des avantages. Quand on découvre un cancer infiltrant encore petit, la patiente aura plus de 90% de chances de survie, alors que si on le trouve avec des métastases, elle aura moins de 20% de chances de survie.
De plus, les traitements sont moins lourds : plus on dépiste un cancer tôt, moins on a recourt à la chimiothérapie. Le taux de survie du cancer du sein est aujourd’hui de 87% à 5 ans, alors qu’il était inférieur à 80% il y a 30 ans. On sait qu’on est meilleurs grâce au dépistage qui a permis d’améliorer ce taux de survie, mais aussi grâce aux progrès techniques.

 

Raphaël Gauzere
Raphaël Gauzere, chirurgien gynécologue

L’Institut du Sein du Pays Basque (ISPB) a été créé en 2015. Il regroupe des compétences médicales et paramédicales pour la prise en charge du cancer du sein depuis le dépistage jusqu’à la reconstruction physique, psychologique et sociale après traitement. Tout au long du parcours de santé, les patient e s peuvent donc bénéficier d’un accompagnement exhaustif par une équipe pluridisciplinaire composée d’oncologues, de chirurgiens gynécologiques, de radiologues, de radiothérapeutes, de kinésithérapeutes, de psychologues, de socio-esthéticiennes, de diététiciennes-nutritionnistes, d’anatomopathologistes, de dermographes, etc.

L’Institut disposera, dans les prochains mois, de ses propres locaux dans le quartier Estrella (Biarritz, 64), à proximité de la clinique Belharra.

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site de l'Institut : www.ispb.fr

 


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