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Bientôt un risque ‘agricole’ dans l’ERRIAL ?

On ne présente plus l’ERRIAL (État des Risques Réglementés et Information Acquéreur Locataire) qui semble enfin demeurer son appellation définitive après avoir été l’ERNT, l’ERNMT, puis l’ESRIS. En regroupant tous les risques ‘réglementés’, l’ERRIAL peut intégrer de nouveaux risques sans qu’il soit nécessaire de lui trouver un nouveau sigle.

Justement, un nouveau ‘risque réglementé’ est sur le point d’apparaître, ou plutôt d’être pris en compte. Il s’agit de la qualité de l’air ambiant (comprenons air extérieur) et notamment de sa concentration en polluants nocifs et/ou toxiques issus, entre autres, de l’agriculture.

C’est une campagne nationale lancée en 2018 dont les résultats viennent d’être publiés qui doit alerter les pouvoirs publics mais aussi le grand public de l’existence et de la mesure d‘un risque sanitaire connu mais jamais, jusqu’alors, quantifié.

75 pesticides mesurés dont certains interdits

Le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air (LCSQA) vient de publier les résultats de la campagne de mesure des résidus de pesticides dans l’air.

Cette campagne lancée en juin 2018 a permis de mesurer les concentrations dans l’air ambiant de 75 substances sur 50 sites répartis sur l’ensemble du territoire. Le but de cette campagne est d’ évaluer l'exposition de la population à ces risques et de définir une stratégie nationale de surveillance des pesticides dans l’air ambiant.

On apprend dans cette campagne que les concentrations moyennes annuelles les plus élevées en métropole sont associées au prosulfocarbe (2,61 ng/m3 ) et au folpel (1,03 ng/m3 ) ; que des substances interdites depuis plusieurs années, comme le lindane (très volatile) sont encore quantifiées ; mais pas toutes, puisqu’à l’image de la chlordécone elles ne sont pas toujours mesurables en raison d’un seuil limite de détection inférieur à 0,05 ng/m3 ).

A savoir : Selon générations futures, « Le prosulfocarbe est un herbicide utilisé comme désherbant en agriculture conventionnelle, notamment sur les cultures de céréales. Il s’agit du 4eme produit phytosanitaire le plus utilisé en France et comme beaucoup de pesticides il est toxique pour les organismes aquatiques et entraîne des effets néfastes à long terme ». Selon l’ANSES 4 458 tonnes en ont été vendues en France en 2017.

Peut-on laisser des populations exposées à de tels risques ?

Si l’ERRIAL doit recenser tous les risques réglementés, on se demande pourquoi le risque de toxicité de l’air ambiant par contamination aux pesticides n’est pas réglementé ?

Ou plutôt, non, on ne se le demande plus car pour le folpel notamment il serait «l'un des pesticides les plus vendus en France. On retrouve du folpel dans l'air de presque toutes les régions françaises, notamment près d'un certain nombre d'écoles. Cette molécule est classée "cancérigène probable" aux États-Unis et "cancérigène suspectée" en Europe » Source Cash Investigation.

Or la campagne démontre que la concentration en folpel dans l’air en métropole atteint 1,03 ng par mètre-cube en moyenne mais dépasse les 3 ng/m³ dans les zones viticoles.

Mais attention car personne n’est à l’abri. Si, pour les besoins de la campagne de mesure, on a répartis les sites d’analyses en trois catégories : rurale, péri-urbaine et urbaine ,«Les fréquences de quantification de ces 8 substances (dont le folpel) sont en revanche relativement similaires entre les différentes typologies de sites en métropole ». C’est-à-dire que citadines ou rurales, toutes les populations sont exposées quasiment au même risque et au même niveau.

Et c’est là qu’est le drame.

Car puisque nous sommes tous exposés aux risques de contamination de l’air par des produits dangereux ; il ne semble plus nécessaire de faire de la discrimination entre une zone agricole ou une autre, une commune ou sa voisine, un quartier ou une maison. A moins que d’ici là soit réellement créé un suivi pérenne des pesticides dans l’air à l’échelle nationale.

On attend donc avec impatience l’été 2022 et les premières bases des données de qualité de l’air dont la base nationale Geod’Air, et de mesures de pesticides, PhytAtmo. Et on espère que ces données seront aussi accessibles au grand public que GéoRisques voire qu’elles y soient intégrées comme des risques réglementés.


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