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De nouvelles restrictions pour le chauffage au bois ?

Bien sûr, on n’y pense peu en période de canicule et pourtant c’est le moment de se pencher sur la réglementation des cheminées et poêles à bois, non pas parce qu’ils sont encombrants et inutiles en cette saison, mais parce que l’été est propice aux pics de pollution et que le chauffage au bois participe à la pollution de l’air extérieur. Il n’est donc pas étonnant que ce soit depuis une des régions où les pics de pollution sont les plus nombreux qu’est émise une proposition d’interdiction de vente de chauffages au bois dits ‘non performants’. Depuis 2014, parce que le chauffage au bois est désigné comme une importante source de pollution, il a été décidé des restrictions d’usage des cheminées notamment à Paris et en Île-de-France. Demain, sans vigilance de la part de tous, il se pourrait bien que l’emploi des cheminées à foyer ouvert et poêles à bois d’ancienne génération ne soit plus possible et que l’on ne puisse plus se chauffer comme on le souhaite chez soi alors que, pendant ce temps, la pollution atmosphérique continue d’augmenter.

 

De nouvelles et d’anciennes limitations du chauffage au bois

Déjà, depuis 2014, (arrêté préfectoral n°2013 084 002) il est interdit d’utiliser un feu de cheminée à foyer ouvert comme chauffage principal dans de nombreuses communes d’Île-de-France, dont Paris. L’emploi d’un insert ou d’un poêle à bois comme système de chauffage d’appoint n’y est permis que si l’appareil répond à des normes d’émissions et de rendement (voir illustration). Mais de nouvelles interdictions et obligations relatives au chauffage au bois viennent d’être proposées et notamment la possibilité pour chaque préfet d’interdire l’emploi de certains appareils de chauffage au bois jugés les plus polluants.

Ce 2 juillet dernier, une nouvelle étape a été franchie lorsque le sénateur LREM de l'Isère Didier Rambaud a demandé que soit interdite la vente d'appareils de "chauffage individuel au bois non performants". Source Batiactu

Les seuls appareils de chauffage au bois qui pourraient répondre aux exigences françaises en 2020, puis européennes en 2022, seraient ceux portant le label Flamme Verte sept étoiles malgré que, selon l’Ineris (repris par Que-Choisir), le label Flamme verte ne serait pas fiable. « Les tests sont effectués selon les normes dans des conditions de référence bien particulières, relativement éloignées des conditions réelles de fonctionnement. Ils ne reflètent pas les conditions d’usage chez les particuliers » S’ensuivent des rendements inférieurs à ceux qui sont annoncés et des émissions de polluants bien plus élevées. Source Que-Choisir.

 

Malgré son peu d’efficience, verra-t-on bientôt le label Flamme Verte d’un poêle, d’une chaudière ou d’un insert inclus dans les diagnostics immobiliers (DPE notamment) ou dans les critères de décence d’un logement ? Est-ce que le label Flamme Verte d’un poêle à bois sera demandé avant de délivrer un certificat d’habitabilité ou une autorisation de mise en location (Permis de louer) ? A suivre….

 

Le chauffage au bois : premier polluant ou cible la plus facile ?

Selon le site atmo-auvergnerhônealpes (région dont fait partie l’Isère) : « Le chauffage résidentiel, notamment au bois, est généralement l’émetteur principal de particules fines en suspension et arrive largement en tête devant l’industrie, le transport et l’agriculture ».

Il est vrai que, d’abord, on ne se concentre que sur les particules fines et non pas sur tous les polluants atmosphériques et puis que les résultats annoncés sont globalisés sur toute cette région où le chauffage au bois est largement répandu. D’ailleurs, sur le même site, via l’historique des pics de pollution de l’air extérieur, on peut constater que depuis le début de cet été (24 juin) jusqu’au 7 juillet il y a déjà eu en termes de pollution de l’air 11 dispositifs préfectoraux activés sur la zone alors que le chauffage au bois n’y a été sûrement pas ou vraiment très peu employé.

De même, si l’on étudie les alertes pollutions émises depuis le début de l’année, on constate que c’est la Vallée de l’Arve qui cumule le plus grand nombre de jours en vigilance pollution (26 jours dont 3 en rouge, 12 en orange et 11 en jaune). Y aurait-il plus de cheminées et de poêles à bois en Vallée de l’Arve que partout ailleurs ? Ou est-ce plutôt parce que la densité du tissu industriel y est forte et la circulation trop importante ? Selon FranceInfo : « Le trafic des camions est lucratif. Il rapporte près de 80 millions d'euros dans les caisses de l'État grâce au tunnel du Mont-Blanc ».

Mais il semble plus facile en Isère d’interdire aux particuliers quelques poêles à bois que de prendre les mesures indispensables de fer-routage et de limitation du trafic des camions.

Ne citons même pas la pollution des avions qui amènent des vacanciers au bout du monde ou qui transportent depuis l’autre bout de la planète des produits alimentaires que l’on produit ici. S’il n’est même pas question d’appliquer d’écotaxe sur le kérosène, obliger les particuliers à acheter de nouveaux poêles à bois et limiter voire interdire le chauffage au bois, c’est déjà fait, ou presque…

 

A savoir : Selon une note de l'Ademe, pour un trajet de 500 km aller-retour environ, l'empreinte carbone d'un vol en avion se situe entre 145 et 241kg de CO2 par passager contre 170,6kg environ pour le transport en voiture. Et l'avion émet jusqu'à 40 fois plus de CO2 que le train par kilomètre parcouru et par personne transportée. Source LesEchos

 

 


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