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La présence d'amiante en-dehors de l'immobilier

On sait que l’emploi d’amiante dans la construction et les matériaux de la construction (isolants, revêtements, ciments-colles, etc) a été interdit en 1997. Depuis cette date, il ne devrait plus entrer d’amiante dans nos bâtiments et l’on bataille pour détecter, encapsuler ou extraire les nombreux matériaux anciens qui contiennent encore de l’amiante. Mais on s’aperçoit que, malgré les réglementations européennes et nationales qui interdisent l’extraction, l’industrialisation et l’emploi d’amiante, en dépit des réglementations qui interdisent l’importation de produits amiantés, on peut toujours être confronté sans le savoir à de l’amiante masqué dans des produits en-dehors de l’immobilier.

Où se cache encore l’amiante hors de nos constructions ?

Illustration : asbestos.com

En bricolage et travaux

Des abrasifs et des adhésifs peuvent contenir de l’amiante employé comme charge et adjuvant. Des baguettes de soudure à l’arc peuvent avoir l’électrode métallique recouverte de peinture au silicate rempli d’amiante afin d’éviter l ‘oxydation à haute température.

Illustration : inspectapedia.com

En vélo

Des selles de vélo (en cuir puis en plastique) ont officiellement été fabriquées avec emploi d’une feuille d’amiante, et les produits d’étanchéité pour pneus de vélo ont longtemps (encore ?) contenu un talc amianté, les freins bien évidemment et même le cadre. Et puis, bien sûr ce risque de présence d’amiante dans les vélos (vélos anciens seulement, on espère…) s’applique également aux vélos d’appartement !

Illustration : flickr.com

En automobile

Aussi bien dans les garnitures de frein dont certaines peuvent ou ont pu contenir de l’amiante mais également dans des pédales d’accélérateur contenant une sous-couche d’amiante afin d’isoler thermiquement le pied du conducteur de la paroi du compartiment moteur.

Illustration : clickamericana.com

En lubrifiants et roulements

« Les ingénieurs ont mis au point différentes variétés de graisses à base de savon de sodium auxquelles sont ajoutés de l’amiante, du graphite, du talc et du mica » Source Inspectapedia. Des roulements lubrifiés à vie ont longtemps contenu de l’amiante (et certains doivent encore en contenir).

Illustration : asbestos.com

En médical et parapharmacie

De l’amiante dans la poudre corporelle et le talc pour bébés. Même lorsque l’amiante n’a pas été incorporée sciemment par le fabricant, le talc peut contenir de l’amiante en raison de son origine (gisements communs). «jusqu'au début des années 2000, le talc brut et les poudres de la société (Johnson & Johnson) contenaient parfois de petites quantités d'amiante, et que les dirigeants s'inquiétaient du problème et des mesures à prendre sans l'annoncer aux autorités réglementaires ou au public » Source Psychomedia

Illustration : rapidasbestos.com.au

En peintures, en revêtements et en voirie

Les peintures anti-feu et résistantes à l’acide sont susceptibles d’avoir contenu de l’amiante. Quant aux enrobés routiers, la présence d’amiante dans nos chaussées n’est pas inconnue. En outre, la neige artificielle destinée à décorer sapins de Noël et vitrines a longtemps été faite d’amiante blanc pur !

Illustration : asbestos.com

En cosmétiques

« En 2017, de l'amiante a été trouvée dans plusieurs produits de maquillage pour enfants vendus par les détaillants Claire's et Justice. Les produits ont été rappelés, mais les parents et les consommateurs restent inquiets, car ce n'est pas la première fois que de l'amiante est retrouvé dans les produits de la vie quotidienne. » Source Asbetos.com

Illustration : rapidasbestos.com

Dans le textile

Des tissus et des vêtements anti-feu tissés avec de l’amiante et même une combinaison ignifugée pour bébé le mettant à l’abri des brûlures de cigarette.

 

Et bientôt dans nos champs ?

Avec ce projet visant à employer l’amiante comme fertilisant.

 

Un peu partout on est encore susceptible de rencontrer de l’amiante dès lors que le produit fait partie d’un stock importé avant l’interdiction en France ou parce que sa faible concentration en amiante (< 1%) ne l’a pas classé comme dangereux dans le pays d’exportation.

Une étude a porté sur 414 appareils fabriqués entre 1986 et 2007 (10 ans après l’interdiction d’emploi d’amiante en France) ; entre cette étude et ce que l’on y lit ici et ailleurs il apparaît que « Les résultats de l'analyse de l'ACM dans les appareils montrent que les gros appareils électriques (réfrigérateurs, machines à laver) et les articles ménagers (bicyclettes, motos, chaudières à gaz) contiennent de l'amiante et que les appareils électriques de petite taille ne contiennent pas d'amiante » Source Inspectapedia.

 

Les produits amiantés ne sont pas tous interdits

Si l’on se réfère à la Réglementation Européenne à l’exception des diaphragmes pour électrolyse, aucun produit contenant de l’amiante ne devrait pouvoir entrer sur le territoire. Bien que dangereux et polluants, les diaphragmes pour électrolyse contenant de l’amiante (amiante chrysotile ou amiante blanc) sont encore autorisés d’emploi (en production du chlore et de la soude notamment), les industriels étant juste invités à passer de cette technologie d’électrolyse à diaphragme amianté à celle d’électrolyse par membrane exempte d’amiante.

Il est notoire qu’avec l’emploi de diaphragme à membrane «on observe alors des émissions d'amiante dans l'environnement, inhérentes au procédé à diaphragme » comme l’indique l’Ineris qui poursuit « Les cellules à membrane présentent l'avantage de donner une solution de soude caustique extrêmement pure et de consommer moins d'électricité que les autres procédés. En outre, le procédé des cellules à membrane n'a pas recours à des matériaux hautement toxiques tels que le mercure et l'amiante ».

Mais alors pourquoi n’interdit-on pas l’emploi et l’importation de diaphragmes amiantés puisque l’autre technique d’électrolyse à membrane consomme moins d’énergie et évite les risques liés au mercure et à l’amiante ? Peut-être juste pour une histoire de coût de production un peu plus élevé pour les industriels (étapes de purification, évaporation et traitements supplémentaires).

 

Comment l’amiante arrive encore en Europe et en France

L’interdiction d’emploi de l’amiante n’est pas mondiale, loin de là.

Alors que de plus en plus de pays en interdisent l’extraction et l’usage, d’autres pays surfent sur le besoin d’amiante que des pays ne peuvent plus produire. La Russie serait toujours le premier producteur d’amiante au monde et bien évidemment, le premier exportateur d’amiante (600 000 tonnes en 2018).

Les plus gros importateurs seraient des pays d’Asie qui l’emploient encore dans le bâtiment et la voirie, mais également des pays qui n’interdisent pas l’amiante et, parmi eux, les États-Unis dont le Président actuel M. Donald Trump « avait écrit que l’amiante était sûr à 100% et que la campagne visant à l’interdire était orchestrée par la mafia ». Source RFI.

Or les États-Unis exportent vers l’Europe et donc vers la France ces produits amiantés pour un montant d’un million de dollars par an environ. C’est sûrement peu mais c’est déjà trop.

Alors même si l’extraction, l’importation et l’emploi d’amiante sont interdis en France, il reste que des produits anciens peuvent toujours en contenir. En outre, de l’amiante peut encore être présent dans des produits modernes fabriqués dans un pays qui n’interdit pas totalement son usage et exportés par des fabricants n’ayant pas souhaité notifier l’amiante comme composant de ces produits afin de pouvoir les introduire sur un marché qui la bannit.

 


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