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Les conséquences de l’interdiction du chauffage gaz dans la RE2020

La RE2020 prévoyant l’interdiction du gaz dans le logement neuf, dès 2021 pour les maisons individuelles et à partir de 2024 pour les logements collectifs, il y a lieu de s’interroger sur l’abandon probable des réseaux de distribution de ce combustible. À l’heure actuelle les frais de distribution du gaz étant mutualisés entre les nombreux consommateurs, lorsque la consommation de gaz baissera drastiquement, il faudra s’attendre à répartir ces coûts entre bien moins de consommateurs donc à une hausse importante du montant de l’abonnement. Et pourtant, les aides dont MaPrimeRénov’ incitent encore pour 2021 les ménages à remplacer leur chaudière existante pour une chaudière gaz. Un autre paradoxe de notre politique énergétique dont les consommateurs seront de toutes façons les victimes.

L’arrêt du gaz dans les logements comme moteur de la précarité énergétique

Depuis un an déjà (novembre 2019), il n’est déjà plus possible de souscrire un contrat de gaz au tarif réglementé. Et puis, à compter du 1er juillet 2023, le tarif du gaz sera exclusivement soumis au prix du marché.

Ainsi les consommateurs actuels de gaz seront bientôt totalement captifs des offres des fournisseurs et n’auront d’autre choix que de payer le prix fort pour pouvoir se chauffer, cuisiner et produire leur eau chaude sanitaire.

Si l’ouverture totale à la concurrence, sans tarif réglementé, peut sembler bénéfique pour l’abonné souhaitant sélectionner son fournisseur de gaz, il semble inquiétant de la voir se produire conjointement avec l’interdiction du gaz prévue dans la RE2020. En effet, un marché qui se ferme comme celui du gaz, risque fort de faire exploser les coûts de livraison, les frais de maintenance des installations et celui de la distribution.

Moins de rotations de méthaniers (navires gaziers), moins de débit dans les installations de déchargement et de stockage, moins d’abonnés sur les réseaux de distribution vont entraîner sans surprise la hausse du m³ de gaz livré. Et cela risque fort de se produire aussi bien en campagne où les tournées des camions-citernes de gaz seront réduites qu’en ville où les réseaux de distribution seront plus ou moins délaissés en raison d’un manque d’abonnés.

Ainsi, à l’heure actuelle, toute personne qui compte changer sa chaudière devra réfléchir à deux fois pour conserver le gaz comme source d’énergie même si MaPrimRénov’ peut y aider à hauteur de 1 200 €.

 

À savoir : La durée de vie d'une chaudière à gaz correctement entretenue est comprise généralement entre 15 et 25 ans, en sachant que les modèles récents tendent à avoir une durée de vie légèrement plus courte (15/20 ans) que les anciens modèles (20/25 ans). Source Gaz-tarif-réglementé

 

Investir de nos jours une somme importante en espérant 15 à 20 ans de tranquillité dans une installation au gaz devenant dans 4 à 6 ans trop onéreuse en consommation ne semble pas la meilleure option. Au mieux, les utilisateurs n’amortiront jamais leur investissement, au pire ils ne pourront plus alimenter en énergie la chaudière gaz dont ils paieront peut-être encore le crédit…

 

L’électricité, largement plus employée, mais largement plus chère

Le programme de la RE2020 étant l’abandon du gaz au profit de l’électricité, on pourrait espérer le même phénomène que pour le gaz mais à l’inverse : davantage de consommation pourrait faire baisser la quote-part de chaque abonné dans les coûts de la distribution. Ce ne sera pas le cas.

Au contraire, le prix de l’électricité ne peut qu’augmenter (comme il le fait régulièrement) mais bien au-delà de ce que l’on redoute. Même en passant sur des hausses de tarif destinées à permettre aux concurrents d’EDF de faire des bénéfices (ce qui risque bien de se reproduire), il est bon de s’intéresser à la santé de notre producteur national. En raison des retards (10 ans) et des surcoûts (plus de trois fois), le prix de l'électricité produite par l'EPR de Flamanville pourrait se situer entre 110 et 120 euros le MWh, contre 36 euros le MWh sur le parc nucléaire actuel. Source actu.fr.

Non seulement il appartient aux abonnés français de payer pour ces retards et ces surcoûts en France mais c’est le cas également pour les EPR vendus hors de France dont les Français vont payer les indemnités de retard.

 

À savoir : La France, via son opérateur institutionnel, a vendu en Finlande un EPR à Olkiluoto. Débuté en 2005, il devait initialement se terminer en 2009 et coûter autour de 3 milliards d’euros. Après avoir enchaîné les difficultés techniques, les retards et les surcoûts, le réacteur ne sera pas connecté au réseau avant février 2022 et le surcoût estimé à 9 milliards sera remboursé en (grande?) partie par la France. Source Le Monde

 

Malgré les déboires sur notre sol et en Finlande, la France continue de vouloir vendre, en Inde notamment, des EPR (6 en tout) que nous ne savons apparemment pas construire ni faire fonctionner, en respectant les délais et les coûts, tout au moins.

Entre déboires, retards, surcoûts et pénalités, le programme EPR est un gouffre financier qu’il faudra bien combler avec l’argent des contribuables mais aussi et surtout des abonnés. Surtout si, de surcroît il nous faudra indemniser l’Inde comme nous indemniserons la Finlande, mais 6 fois plus cher...

 

De là, le retour d’Hercule

Ce serait en raison des très fortes dettes et du déficit d’image du nucléaire français qu’EDF souhaite voir aboutir son projet ‘Hercule’. Le but de la scission en plusieurs entités serait d’espérer le concours d’investisseurs dans deux de ses branches en pleine croissance afin de se démarquer de sa filière nucléaire plombée par les EPR.

Mais ainsi que le redoutent certains acteurs, ce programme Hercule pourrait conduire à une privatisation des profits et à une nationalisation des pertes (encore!). Et, ils estiment en outre que cela pourrait se traduire par une hausse des prix de l'électricité pour le consommateur.

Source Les Échos

 

À savoir : Lancé, il y a plus d’un an, le projet Hercule hérisse de toutes parts, mais ce n’est pas pour autant qu’il a été retiré et qu’il est à nouveau d’actualité. Gageons que comme un certain référendum, tout texte qui n’est pas passé sera représenté jusqu’à ce qu’il soit admis. Dans notre précédent article à ce sujet ‘Hercule, comment veux-tu que le prix de l’électricité recule’ nous relations que la hausse attendue du prix de l’électricité en raison de ce programme pourrait être de 9%.

 

Il est certain que la rénovation énergétique de nos logements est devenue désormais une urgence pour ceux voulant échapper à une réelle menace de précarité énergétique. Puisqu’il apparaît que le gaz n’est plus un combustible à distribution pérenne en France, il faut semble-t-il s’orienter vers d’autres sources d’énergie. En chauffage électrique, refuser les convecteurs grille-pain est une évidence mais attention au fait qu’une pompe à chaleur consomme de l’électricité et que celle-ci va devenir de plus en plus chère. Dans tous les cas, il faudra prendre ces prévisions en compte dans les choix à faire selon les recommandations pour améliorer la performance énergétique que le diagnostiqueur immobilier émet à l’issue du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique).


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