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Inondation, le risque de l’eau n’est pas le seul

Les conséquences dramatiques des récentes pluies diluviennes en Belgique et en Allemagne nous stupéfient. Comment des pluies mêmes torrentielles en Europe de l’Ouest, dans des pays parmi les plus développés de la planète peuvent causer autant de victimes ? Si en Allemagne, notamment, il y aurait eu des carences (à définir) par rapport aux dispositifs français d’information, de prévention et d’alerte face à ces risques, il n’en demeure pas moins que ces risques existent y compris chez nous.

Bien sûr, l’État des Risques Réglementés (ERRIAL ou ERP) qui fait partie des diagnostics immobiliers obligatoires avant vente et location apporte une information sur les risques naturels et technologiques, mais tous les risques naturels sont-ils bien pris en compte dans l’ERRIAL ? Des populations en France pourraient-elles être surprises par des événements du même type qu’en Allemagne ? Probablement…

Les périls des crues et inondations

Lors des inondations (hors tempêtes) les plus meurtrières en Europe, on a pu constater que, même si les dégâts matériels dus à l’eau sont considérables, les risques les plus meurtriers sont ceux de glissements de terrain, affaissement des berges des cours d’eau, coulées de boue et effondrements de cavités souterraines. Ce sont principalement ces phénomènes induits par des crues et inondations qui emportent les routes et les constructions et causent la mort des occupants des véhicules et des habitations.

S’il est certain que l’ERRIAL (État des Risques Réglementés et Information Acquéreur Locataire) informe au mieux des risques et notamment des risques naturels, cet état ne se base que sur des PPR (Plan de Prévention des Risques) qui ne prennent pas tous (et peut-être pas suffisamment) en compte les conséquences des crues et inondations dont les glissements de terrain, les coulées de boue et les affaissements de berges.

A savoir : Les risques de comblements et affaissements de cavités souterraines ainsi que ceux de retrait gonflement des argiles sont bien étudiés (Paprica, Brgm, Plan national cavités…) et apparaissent le cas échéant clairement dans l’ERRIAL. Si la page dédiée du portail GéoRisques recense tous les types de mouvements de terrain, la page ‘mouvements de terrain’ du Ministère de la transition écologique ne recense aucune information exploitable sur les glissements de terrain, coulées de boue et affaissements de berges qui sont des conséquences connues des crues et inondations.

Les limites des formulaires d’information sur les risques

L’ERRIAL ou l’ERP (ex ESRIS, ex ERNMT, ex ERNT) font bien apparaître les risques de crues et d’inondations mais se limitent trop souvent à certains risques.

Si la sismicité, le comblement de cavité souterraine et le retrait gonflement des argiles apparaissent le cas échéant dans l'ERRIAL, il n’en est pas du tout de même pour les glissements de terrain, les coulées de boue et les affaissements de berges susceptibles de causer de graves dégâts et de faire plus de victimes encore que l’inondation qui les a provoqués.

Il faudrait pour cela qu’un PPRN (Plan de Prévention des Risques Naturels) prenne ces risques en compte et ce n’est pas toujours le cas. La raison semble en être des carences ou omissions souhaitées dans la programmation des inventaires départementaux des mouvements de terrain réalisée par le BRGM.

En effet ainsi que stipulé dans ce document source (page 14), cette programmation a été établie en fonction de l'importance du nombre de phénomènes dans un département et a donc exclut de fait « en grande partie les départements des régions Centre, Nord-Pas-de-Calais, Île-de-France…. » qui n’ont pas été étudiés.(On notera la proximité de certaines de ces régions avec la Belgique et l’Allemagne).Si plus loin il est bien fait état de la volonté de « centraliser et de mettre à disposition l'information concernant les mouvements de terrain sur le territoire français. » le «site Internet accessible à tous (www.bdmvt.net) » semble être resté lien mort…

C’est ainsi qu’il appartient à chaque acquéreur ou locataire d’un bien immobilier et notamment dans les régions non investiguées par un inventaire départemental des mouvements de terrain d’étudier et d’envisager les éventuelles conséquences d’une crue ou d’une inondation.

S’il faut bien s’attendre à une augmentation de fréquence et d’intensité d’inondations en Europe, il n’est pas question de se résoudre à en accepter autant de victimes. Si la prudence est de rigueur dès lors que l’on circule, l’étude approfondie des conséquences sur les habitations des glissements de terrain, coulées de boue et affaissements de berges est requise.

En attendant qu’un recensement exhaustif de ces risques figure dans l’ERRIAL à la demande du/des ministère(s) en charge, il est du devoir de chacun de les envisager au vu notamment des derniers épisodes glaçants d’Allemagne et de Belgique.


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